Solidaires 87SUD Éducation LimousinSUD Crédit Agricole MutuelSUD PTT LimousinSolidaires Finances Publiques LimousinSUD Rail 87SUD Banque Populaire Caisse EpargneSUD Santé Sociaux LimousinSolidaires 87

Que reste-t-il des Gilets Jaunes ?

Nous l’avons toutes et tous questionné : le mouvement s’est-il essoufflé ? C’était prévisible. Le gouvernement a joué la montre, y compris en organisant au cours de l’hiver 2019 un grand débat dont il ne reste pas grand-chose. L’occupation des ronds-points a en outre été interdite et la lutte s’est peu à peu étiolée, au point de devenir presque invisible. Pour autant, la médiatisation dont a fait l’objet cette vague contestataire a quelque part ravivé les cœurs de toutes celles et ceux qui se questionnent aujourd’hui sur le monde tel qu’il va, droit dans le mur.

Et puis quoi ? Rien, ou presque. Le choix demeure pour le plus grand nombre entre chômage contraint ou choisi et travail de plus en plus précaire. C’est là que tout se joue, sur le marché de l’emploi, où le rapport de forces est actuellement largement à l’avantage de la classe dirigeante qui, sous couvert d’austérité nécessaire, atomise l’assurance-chômage en même temps qu’elle flexibilise et précarise l’emploi.

Il est donc tout à fait fondamental de recentrer nos luttes sur ce terrain, en donnant de la puissance d’agir aux collectifs sur les lieux de travail, donc au syndicalisme. Et c’est bien là que le bât blesse : si la dimension incontrôlable du mouvement des gilets jaunes a permis de lui donner une forme joyeusement insurrectionnelle, il a malgré lui contribué à décrédibiliser les corps intermédiaires et en particulier les syndicats, et ce pour le plus grand plaisir de la classe dirigeante qui s’en frotte les mains !

L’historien Gérard Noiriel l’avait remarqué très tôt : si les grands média, aux mains des puissants, ont fait cette place de choix aux gilets jaunes dans leurs colonnes, c’est bien parce qu’ils y trouvaient un intérêt…

Ceci dit, le discrédit que connaissent aujourd’hui les grandes centrales syndicales est largement mérité : à force de tourner en rond pour défendre leurs pré-carrés, elles ont fini par éteindre toutes les velléités de conquête sociale.

A leurs bases, de nombreux militant.e.s sont pourtant motivé.e.s, mais leurs aspirations sont bien trop souvent étouffées tout autant par la lourdeur des appareils que par leur fonctionnement hiérarchique : les gardiens du temple y trouvent leurs intérêts.

Comment sortir de cette impasse ?

En réinventant le syndicalisme ! De lutte, de classe et révolutionnaire ! Anti-hiérarchie et autogéré, chacune et chacun étant en capacité de structurer du collectif sur son lieu de travail afin de s’opposer sur ce terrain à toutes les dérives managériales qui régissent désormais nos vies professionnelles et, au-delà, le monde.

Bonne nouvelle ! Ce syndicalisme existe depuis plusieurs décennies ! L’union syndicale Solidaires, qui regroupe tous les syndicats SUD du pays, s’est structurée de manière horizontale et autour d’un projet de société qui en surprendra plus d’un par sa cohérence. Cette union syndicale regroupe aujourd’hui environ 100 000 adhérent.e.s, ce qui est à la fois beaucoup et trop peu.

La classe dirigeante la déteste, et pour cause ! De lutte, de classe et révolutionnaire ! Pas de compromission chez les SUD ! Ce qui explique aussi certainement que les grands média n’en parlent jamais.

Hommage donc à tou.te.s ces militant.e.s qui, face au raz-de-marée, tentent de s’opposer par leurs actions (désobéissance, blocages, grèves…) au démantèlement de ce qu’il reste de droits sociaux (sécurité sociale, fonction publique, assurance chômage, droit à la retraite…) tout en construisant peu à peu de nouvelles perspectives politiques pour l’émancipation individuelle et collective (salaire à vie pour toutes et tous…).

Leur travail quotidien semble être le dernier rempart face à la barbarie, comme par exemple en Corrèze ou l’union syndicale Solidaires regroupe nombre de camarades actuellement en lutte pour leurs droits (postier.e.s de Tulle, employé.e.s maltraité.e.s par la plate-forme téléphonique Tellis, enseignant.e.s…).

Rappelons pour conclure qu’adhérer à un syndicat c’est déjà le soutenir et que ce droit est encore constitutionnel : il ouvre en particulier à un crédit d’impôt égal à 66 % de la cotisation, ce qui est toujours mieux que de financer des autoroutes ou des centrales nucléaires !

Le progrès social ne tombera pas du ciel et dépend ainsi de l’engagement de chacun dans la lutte collective dans cette époque obscure.