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Agonie du service public d’éducation (épisode 5) 

7 mesures pour assurer les remplacements ou la (très) mauvaise blague du ministère…

Nous avons récemment dénoncé et condamné le mauvais fonctionnement du service public d’éducation en Limousin où les services de l’inspection ne sont pas en mesure de faire en sorte que toutes les classes des écoles primaires puissent être quotidiennement prises en charge par un.e enseignant.e.

Nous avons lancé un message d’alerte à l’intention de toutes et tous les collègues qui contrairement aux idées reçues (et notamment au mythe du devoir de réserve inexistant dans les textes sur ces questions ) ont au contraire le devoir d’informer la population de tous les dysfonctionnements constatés au sein des établissements scolaires et qui affectent les conditions de travail des enfants fréquentant l’école publique.

Nous avons ensuite dénoncé et condamné la piètre réaction des DSDEN consistant à recruter des contractuel.le.s enseignant.e.s 1er degré pour assurer des remplacements dans les différentes écoles. La précarisation des emplois et l’embauche au rabais et à la va-vite d’enseignant.e.s dans ces conditions ne saurait constituer une réponse pérenne à ce problème crucial. Il s’agit d’une aggravation sans précédent du dysfonctionnement de l’école publique, sous couvert des politiques d’austérité actuellement mises en place, et qui ne sont qu’une facette d’une politique volontairement antisociale et de plus en plus autoritaire qui correspond point par point aux projets de l’Union Européenne, du MEDEF et des gouvernements successifs concernant la mise en lambeaux du service public d’éducation.

Les mesures que le ministère prévoit pour gérer cette pénurie organisée à la rentrée 2017 sont au nombre de sept (consultable en ligne à : http://www.education.gouv.fr/cid107883/7-mesures-pour-ameliorer-le-remplacement.html) et elles fond froid dans le dos. En voici les points saillants :

Mesure 3. Dans le 1er degré, des viviers de remplaçants reconstitués. Cette mesure pourrait être une bonne nouvelle, mais la récente carte scolaire en a révélé le secret : ce vivier est reconstitué au détriment des postes d’enseignant.e.s affectés dans les classes ! C’est le cas par exemple en Creuse, où 20 classes seront fermées à la rentrée 2017 pour constituer ce fameux vivier, suite à l’ingérable situation constatée cette année quant aux remplacements !

Mesure 4. Dans le 2nd degré, des protocoles de remplacement de courte durée réactivés. Les établissements scolaires devront prochainement s’emparer du décret suivant : « Dans chaque établissement, un protocole doit définir les modalités de mobilisation des enseignants pour un remplacement de courte durée, conformément à leurs qualifications, dans la limite de 5 heures supplémentaires par semaine et de 60 heures par année scolaire. Le chef d’établissement doit rechercher en priorité l’accord des enseignants pour participer à ce dispositif même s’il a la possibilité de recourir à la désignation d’un enseignant en l’absence de volontaires. » Et vivent les 5 heures supplémentaires par semaine obligatoires !

Mesure 5. Un vivier unique de remplaçants par département dans le 1er degré. « Alors qu’aujourd’hui, les circulaires prévoient une segmentation du potentiel de remplaçants selon le périmètre (département ou zone infra-départementale), la distance (±20 km), la durée du remplacement, ce nouveau cadre décloisonnera la gestion et améliorera l’efficacité du remplacement , en fixant le département comme périmètre de nomination et d’intervention des remplaçants, et en rappelant leur vocation à remplacer tout service (toute école, tout poste et pour toute durée) dans l’intérêt du service et des élèves. » Traverser son département en long, en large et en travers pour mieux le connaître ne constitue-t-il pas une amélioration considérable des conditions de travail des enseignant.e.s ? Les collègues du 2nd degré qui ont cette chance en témoignent : rien de mieux !

Mesure 7. Limiter l’impact des absences prévisibles sur le temps d’enseignement. « Les absences prévisibles (formation continue, jury, préparation d’examen, etc.) peuvent être mieux anticipées et organisées de façon à moins peser sur le temps d’enseignement. C’est pourquoi, dans le cadre du renforcement de la formation continue, la formation hors temps de service d’enseignement pourra être organisée sur les petites vacances scolaires sur la base du volontariat. La formation sur les petites vacances scolaires sera rémunérée. » Et hop, après le bâton, la petite carotte !

Sud éducation Limousin dénonce aujourd’hui l’ensemble de ces mesures qui ne sont qu’un cache-misère et augurent encore d’une dégradation importante des conditions de travail des enseignant.e.s, et donc des élèves ! Ces logiques de précarisation et de flexibilité ne préparent que le pire : la dégradation du service public d’éducation, pour le grand bonheur des vautours capitalistes qui se préparent à le dévorer…

Agonie du service public d'éducation - épisode 5

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