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En Creuse et ailleurs, le service public d’éducation est à l’agonie

Depuis la rentrée de septembre 2016, il apparaît que le service public d’éducation, a bien du mal à fonctionner en Creuse, et pour cause : ce département s’étant vu attribuer un nombre de postes très réduit dans le 1er degré, les services de l’inspection se tirent régulièrement les cheveux sans réussir à faire en sorte que toutes les classes des écoles primaires puissent être quotidiennement prises en charge par un-e enseignant-e.

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Habituellement, un corpus d’enseignant-es remplaçant a pour fonction de suppléer aux absences occasionnelles et légitimes (maladie, formation…) des enseignant-es en postes dans les classes, mais ce corpus est désormais tellement réduit à peau de chagrin qu’il est quasiment impossible d’assurer ce service : 500 demi-journées n’ont pas été assurées depuis le début de l’année scolaire.

Devant l’urgence de la situation et le fait que chaque jour un nombre d’enfants conséquent se retrouve sans enseignant-e attitré-e, des décisions de plus en plus contestables et dangereuses sont prises pour éviter que ces cohortes d’élèves ne soient remisées au fond des classes des collègues, perturbant les apprentissages de leurs camarades, ou, mieux encore et comble du scandale, invitées à ne pas se rendre à l’école, puisqu’elle n’est plus en mesure de les accueillir.

Ces décisions consistent essentiellement à tenter d’empêcher que les collègues bénéficient de leurs droits les plus élémentaires (consignes données par l’inspectrice ou l’inspecteur de circonscription de ne pas assister aux formations, consignes données par l’inspectrice ou l’inspecteur de circonscription aux collègues qui ont des postes spécifiques de bien vouloir remplacer leurs collègues contrairement à ce qu’indiquent leurs fiches de poste…).

Dans le cas des réunions syndicales, le phénomène est plus pernicieux encore, la hiérarchie se gardant bien d’essayer d’interdire ces pratiques essentielles au fonctionnement démocratique de l’institution, sous peine, et c’est heureux, d’être rapidement remise dans les clous par le rappel des règles de ce droit fondamental.

Cependant, les collègues qui souhaitent s’investir dans ces instances hésitent de plus en plus à s’absenter de leur classe, parce qu’elles ou ils savent bien qu’aucun-e remplaçant-e ne sera affecté-e dans l’école, ce qui occasionnera donc un accueil dégradé des enfants, une surcharge de travail pour les collègues et éventuellement une détérioration de l’ambiance de travail dans l’équipe enseignante.

Ce choix est ponctuellement respectable, mais il pose un grave problème d’ampleur, celui du fonctionnement des instances syndicales, dont chacun oublie même peu à peu qu’elles sont les seules garantes de nos conditions de travail et de celles des élèves.

Au fil des années, ce sont les conditions de travail de tout le corps enseignant qui ne cessent ainsi de se dégrader, annonçant le pire à court terme, avec la période hivernale et ses pics d’épidémies diverses.

Cette situation est purement inacceptable. Elle n’est plus du tout exceptionnelle, mais correspond aujourd’hui au quotidien de bon nombre d’écoles. Elle est une aggravation du dysfonctionnement actuel de l’école publique, sous couvert de politique d’austérité et de manque de moyens, cautionnée de fait par la hiérarchie intermédiaire qui accepte de gérer tant bien que mal la pénurie organisée d’enseignant-es, alors qu’il est indispensable de construire les politiques publiques à partir des moyens nécessaires à l’organisation du bon fonctionnement de l’école. Car l’austérité n’est qu’une facette d’une politique antisociale et de plus en plus autoritaire et nous n’en sommes qu’aux premiers pas dans les projets de l’Union Européenne, du MEDEF et des gouvernements quant à la destruction générale des droits sociaux, du droit du travail et des solidarités.

Il est largement temps de réagir ! SUD éducation Limousin lance un message d’alerte à l’intention de tous les collègues enseignant-es, notamment dans le département de la Creuse : seule la solidarité entre collègues dans les écoles peut permettre de garantir nos droits collectifs, et en particulier le droit à la formation pendant le temps de travail ou le droit de participer aux réunions syndicales. La mauvaise gestion des remplacements ne repose en aucun cas sur les épaules des collègues concerné-es ! Adressez-vous à l’inspectrice ou à l’inspecteur de votre circonscription !

SUD éducation Limousin soutient et soutiendra toutes les équipes qui se donneront les moyens d’exiger simplement que les collègues légitimement absent(e)s soient désormais systématiquement remplacé(e)s.

L’institution doit se donner les moyens de son fonctionnement, sans qu’il ne soit nécessaire pour chaque agent de la fonction publique de renoncer à ses droits fondamentaux. Charge à celles et ceux dont c’est justement l’emploi de dégager les moyens nécessaires.

SUD éducation Limousin lance donc également un message d’alerte à l’intention des inspectrices ou des inspecteurs de circonscription, qui contribuent à la dégradation des conditions de travail de toutes et tous et donc à celle de la fonction publique d’éducation, lorsqu’elles ou ils acceptent de gérer la pénurie et de mettre la pression sur les collègues, et qui doivent donc ré-investir la dimension politique qu’exige leur fonction, notamment en faisant remonter au ministère que l’ensemble des services ne peut pas fonctionner correctement dans les conditions actuelles.

L’école publique est un bien commun que nous devons préserver et développer toutes et tous ensemble.

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